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A chacun sa route,
épisode 5

Et puis, les années ont passées. Tout doucement, les tâches quotidiennes,
Elle les accomplissait

malgré tout mais son visage restait fermé à toutes

sensations dans une imperturbable indifférence.

Quelquefois, même, Elle semblait si lointaine……

J’ai cru pendant quelques temps, que les années faisaient leur oeuvre

en estompant,
un tant soit peu sa douleur ! Mais, hélas !…

Puis un jour, au cours de ma dixième année, un jeudi après-midi, alors que je regardais ma mère

tricoter, je sentis à nouveau son chagrin. Si petite que je fus, je

vous assure que je
comprenais et mesurais, à cet instant précis, la

grandeur de sa détresse, qu’elle supportait,
jour après jour, sans

mot dire. Plusieurs fois, je l’ai surprise, se cachant pour verser des torrents de larmes. Et ces

larmes semblaient ne vouloir jamais s’arrêter de couler sur son visage si fatigué.
Quelques temps auparavant, mon père, croyant bien faire, décide d’avoir un autre enfant. Il est vrai

que la " thérapie " a marchée pendant tout le temps de la grossesse ! Comme si, pendant toute cette

période,elle avait été " ANESTHESIEE "! Ce petit qui ne demandait qu’à vivre avait réussi à endormir

un tant soit peu sa douleur. Mais, quelques mois après la naissance de

ma peite soeur,( et oui ! comble de tout, le destin n’a pas voulu lui

redonner un fils ) , le mal qui la rongeait sournoisement a brusquement

refait surface avec d’autant plus de virulence qu’il n’en avait mis à "

germer ".

Résultat: nouvelle descente AUX PORTES DE L’ENFER.

Les portes de l’enfer sont pour moi les " prémices" de la folie. Je me

contenterai de dire ici que ce fut alors, un déferlement de crises, de

passages en clinique spécialisée et de retour à la maison.
Pendant ce temps, nous ! les petits, " Les laissés pour

compte ", nous devions nous débrouiller seuls. Je savais sans pouvoir

le définir, que quelque chose de grave se passait là ! Dans la maison

et NOUS, nous devions rester sages. Que notre père avait bien trop à faire pour nous accorder la

moindre attention.

Quelques années ont passées et la vie reprenait, tant bien que mal le

dessus. Notre mère aussi semblait reprendre ses esprits et puis un

jour, je devais avoir douze ans, je l’ai de nouveau surprise, pleurant

sur une lettre. Intriguée, je me suis glissée sous la grande table de

la salle à

manger et j’ai attendu patiemment qu’elle range cette lettre. Ce

qu’elle a fait rapidement en entendant arriver mon père. Sur le coup,

je n’ai pas compris pourquoi elle agissait ainsi et dès que

je me suis retrouvée seule dans la pièce, j’ai couru vers le tiroir du grand buffet et j’ai subtilisé

la fameuse lettre que ma mère venait d’y déposer.

Je suis vite retournée à ma cachette, sous la table et là ! Que vois-je ? Une lettre de ce frère

dont j’entendais tant parler. Ce frère qui n’était plus là ! Et qui

avait pourtant laissé un grand vide derrière Lui….Un vide

immense……. à suivre.

Maria Cesare. Le 31 mai 2007